Petite annonce

Si vous avez apprécié les articles de ce blog et que vous souhaitez rendre un grand service à l’auteure de ces mots, sachez qu’elle recherche désormais un boulot en Ile-de-France.

Pleine de bonne volonté, avec de l’expérience, sachant travailler en équipe ou toute seule, elle aimerait bien continuer à évoluer dans le vaste et diversifié domaine de l’économie sociale et solidaire à un poste de chargée de mission, chef de projet, coordinatrice (ou autre, elle est aussi polyvalente).

Pour en savoir plus, voici son CV

Dimanche 31 janvier 2010 Rien à voir Un commentaire

Toutes les bonnes choses ont une fin

Et ben voilà, c’est terminé. Après un an à Matam, je rentre en France. Plus de découvertes sur le Sénégal, donc plus d’articles dans le blog.

Finalement, on pourra résumer cette expérience en quelques chiffres :

  • 6500 km à moto, 2 chutes et 1 crevaison,
  • 170 articles dans ce blog,
  • des températures au-delà des 50° (à l’ombre),
  • 1 souris, 1 grenouille, 1 poule, 5 dromadaires, 2453* biquettes (et assimilés), 286* zébus, trop de moustiques,
  • 0 palu,
  • 16 demandes en mariages,
  • 131* bières,
  • 87 heures de transports en commun pour 8 voyages entre Dakar, Saint-Louis, Matam et Richard-Toll,
  • 14 kilos de poussière balayée chez moi,
  • 9 abcès,
  • 1 passage à la télé nationale et 3 interviews à la radio,
  • * approximations.

Merci à tous les fidèles lecteurs de ce blog, ça fait plaisir de voir qu’on ne nous oublie pas, même à 6000 km. Merci également aux visiteurs occasionnels et/ou accidentels.

Chacun sa place

Le peuple sénégalais est composé de plusieurs ethnies. Chacune a un territoire d’origine, même si, au fil du temps, les gens bougent et les grandes villes comme Dakar ou Saint-Louis sont devenues de véritables melting pots.

La carte ci-dessous montre l’origine géographique des principales ethnies :

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Chiffre

“Avant 2001, les déclarations de TVA se faisaient chaque mois par courrier. 2 000 à 3 000 personnes étaient assignées à la seule ouverture des enveloppes.”

Et après, on se demande pourquoi le taux de chômage a augmenté… (!)

Jeudi 30 juillet 2009 Rien à voir Un commentaire

Chez mon boutiquier

Dans mon quartier, il y a un boutiquier. Bon, en fait, il y en a bien plus qu’un, mais disons que c’est chez lui que je vais. Sa boutique, c’est une boite en feraille de deux mètres sur deux. Vue comme ça, elle ne paie pas de mine, mais en réalité, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Quoi que tu cherches, il l’a (en général). Cela part des produits de base (cube Maggi ou oignons) en passant par de la lessive, du beurre, des bonbons, du gel pour les cheveux, des chaussures de foot, des mèches pour les filles, des casques audio, une douille pour ampoules, etc.

Et puis alors, même si tu ne vois pas ce que tu cherches, il faut demander car il est plein de ressources (et de cachettes).

Ci-dessous, un aperçu de son bric-à-brac :

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Black or White ?

À la différence de la France où ils se fondent plus facilement dans la masse, les albinos en Afrique ont déjà un peu plus de difficultés. Chose assez étonnante, l’albinisme touche sept fois plus de personnes en Afrique qu’en Europe.

Pour mémoire, l’albinisme est une maladie génétique se caractérisant par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux.

En Afrique, ils n’ont pas la vie facile. Forcément, un bébé tout blanc qui nait de deux parents noirs, ça fait un peu désordre. Souvent, c’est la mère qui est accusée d’avoir fait les choses de travers : elle a dormi enceinte à la belle étoile dans un endroit interdit ou elle a été infidèle à son mari pendant la grossesse. Parfois difficilement accepté au sein de sa propre famille, le gamin peut se retrouver à devoir rester enfermé chez lui, à cause du regard des autres ou des conséquences des croyances liées à sa maladie. Parfois aussi, tout se passe très bien et tout le monde ne se préoccupe que de savoir s’il a bien de la crème solaire pour se protéger du soleil.

En effet, les préjugés ont la vie dure. Dans certains cas, les gens pensent qu’ils portent chance, du coup, ils cherchent à leur offrir des cadeaux pour se faire bien voir de l’Univers ou bien encore qu’une de leur mèche de cheveux accrochée au bon endroit apportera plus de poissons dans le filet et de meilleures notes à l’étudiant. Dans d’autres cas, ils sont perçus un peu plus négativement : se sont des sorciers, ils portent malheur, sont inaptes au travail, disparaissent la nuit, prédisent l’avenir, jettent des mauvais sorts, etc. Dans un dernier cas, il se dit qu’avoir des relations sexuelles avec un albinos permet de guérir du SIDA.

Si l’on en croit Internet, il semblerait même que des trafics d’organes d’albinos aient lieu dans certains pays du continent (Burundi, Tanzanie) et qu’un type aurait payé des organes d’albinos 250 millions de francs CFA (soit 375 000 €).

Après, dans les faits, depuis que je suis au Sénégal, j’en ai croisé quatre. Trois dans le même village dont deux qui étaient au collège et qui ne semblaient avoir aucune difficulté d’intégration et un autre croisé au hasard d’une rue à Dakar qui semblait aussi vivre sa vie normalement.

Pour les photos, je vous laisse aller voir sur Google Images (ou ailleurs).

Samedi 25 juillet 2009 Sénégal Facts Un commentaire

J’ai trouvé des amis, man, trouvé des amis

Le sénégalais est chaleureux et accueillant, c’est de notoriété publique. Ce que l’on sait peut-être moins (mais que l’on peut en déduire de la phrase précédente), c’est que le sénégalais échange volontiers son numéro de téléphone. Ainsi, après presque un an ici, je pense avoir récupéré plus de numéros que tous ceux que j’ai pu récolter en cinq ans en France.

Parmi ces 124 contacts, quelques petits chiffres intéressants :

  • 4 Mbaye, 5 Diallo, 6 Sow et 8 Ndiaye (aucun lien de parenté entre tous) ;
  • 3 personnes dont je n’ai pas la moindre idée de qui ça peut être ;
  • 12 contacts que j’ai rentré alors que je n’ai jamais eu aucune intention de les appeler ;
  • 12 prétendants ;
  • 7 gars dont j’ai rentré le numéro pour pouvoir ne pas leur répondre quand ils m’appellent.
Mercredi 22 juillet 2009 Matam Facts, Vis ma vie de VSI 2 commentaires

Du coq à l’âne

Assister au début de l’hivernage, c’est super rigolo.  En deux pluies, tout reverdi et on se croirait dans un autre pays. Regardez la différence entre la première photo, qui est le paysage typique du coin que l’on a neuf mois dans l’année :

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Et la seconde photo qui est le résultat de quatre pluies étalées sur quatre semaines :

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Ce qui est aussi vraiment surprenant, c’est de voir là où l’herbe pousse (ou ne pousse pas) :

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Enfin bref, c’est un peu une lutte d’influence :

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Vendredi 17 juillet 2009 Illustrations, Matam Facts Pas de commentaire

Bob le constructeur

Je m’y connais peu en construction, mais il ne me semble pas qu’en France, on fabrique ses briques sur le chantier même. Et bien ici, c’est le cas. Lorsque l’on construit (ou fait construire) sa maison, on apporte d’abord un tas de sable, puis un tas de graviers, son ciment, on branche un tuyau au réseau d’eau et hop, on fait pousser son champ de briques :

briques

De même, les soutiens en ferraille (désolée, je ne suis pas du métier), on les fabrique sur place. Au fur et à mesure que les murs montent, on plante les échafaudages (des planches de bois) dans les briques déjà posées (en y faisant des trous, qui seront rebouchés par la suite).

Pour la peinture, on la fait une fois que le volet est posé sur ses gonds, pareil pour le vernis sur les portes en bois. Non, parce que c’est tout de même beaucoup plus rigolo de frotter le carrelage pendant des heures pour enlenver les tâches.

Bref, au final, les maisons tiennent debout, mais on a souvent l’impression que c’est fait à la va-vite et que ça aurait pu être un tout petit peu plus fignolé. Exemple :dsc07200

Il faut bien reconnaitre que le gros avantage d’avoir son tas de sable devant la maison, c’est que ça fait une super aire de jeux pour les enfants du quartier. Le gros désavantage, c’est quand le tas vient d’être déposé au coin de la maison et que tu tournes trop sec avec la moto : on s’embourbe !

Petite leçon de wolof

La langue parlée par 80% de la population sénégalaise est le wolof. Il paraît que c’est assez simple à apprendre et c’est vrai que le peu que j’ai essayé, ça n’avait pas l’air trop compliqué. Après, je dois reconnaître que ça reste encore un peu trop compliqué pour ma flemmardise…

Ce qu’il faut savoir, c’est que dans cette langue, tout est dans la prononciation. Une mauvaise prononciation et vous pouvez rapidement vous retrouver à insulter votre interlocuteur. Exemple politiquement correct : l’école se dit “daara ji” et rien se dit “dara”.

Toujours concernant la prononciation, voici les lettres qui se prononce un peu différement de chez nous :

  • c : tch
  • j : dj
  • kh, q et x : rh (comme Juan en espagnol et achtung en allemand)
  • η : la petite lettre bonus qui se prononce ng comme dans camping

Ce qui fait que la phrase : Fan laa mëna ame restoraη bu baax ? Càmmoñ walla ndeyjoor ? ne se prononce pas comme vous avez essayé de le faire, mais Fan laa mÅ“na amè restorangue bou barh ? Tchammogne oualla ndeydjor ? Et encore, je ne vous ai pas mis les voyelles longues… Accessoirement, ça veut dire : où puis-je trouver un bon restaurant ? à gauche ou à droite ?

La petite chose rigolote, c’est d’entendre quelqu’un parler anglais avec l’accent wolof : on a l’impression d’entendre de l’allemand.

Toujours dans la prononciation (on va sûrement en rester là, je ne pense pas qu’une leçon de grammaire intéresse beaucoup de monde), pas mal de mots ont été pris du français et wolofisés. Quelques exemples frappants :

  • minise - [minissè] - menuisier
  • etijaη - [ètidjangue] - étudiant
  • sinemaa bi - le cinéma
  • boyet bi - [boyèt bi] - la boîte
  • estaasyoo-esaas - station-service

Cela fonctionne également dans l’autre sens : on a francisé - principalement - les noms propres. Ainsi, Joob est devenu Diop ; Njaay, Ndiaye ; Juuf, Diouf ; Caw, Thiaw ; Jaxate, Diakhaté. De même pour les villes, Thiès devrait s’écrire Cees ; Richard-Toll, Risaartool ; Ziguinchor, Sigicoor ; etc.

Et pour terminer, les trois mots de la vie courante qui vont bien :

  • oui : waaw
  • non : déedéet
  • Comment vas-tu ? : Na nga def ?
  • Je vais bien : Maa ngi fi rekk ou Jàmm rekk
  • merci : jërëjëf