Vis ma vie de VSI

Toutes les bonnes choses ont une fin

Et ben voilà, c’est terminé. Après un an à Matam, je rentre en France. Plus de découvertes sur le Sénégal, donc plus d’articles dans le blog.

Finalement, on pourra résumer cette expérience en quelques chiffres :

  • 6500 km à moto, 2 chutes et 1 crevaison,
  • 170 articles dans ce blog,
  • des températures au-delà des 50° (à l’ombre),
  • 1 souris, 1 grenouille, 1 poule, 5 dromadaires, 2453* biquettes (et assimilés), 286* zébus, trop de moustiques,
  • 0 palu,
  • 16 demandes en mariages,
  • 131* bières,
  • 87 heures de transports en commun pour 8 voyages entre Dakar, Saint-Louis, Matam et Richard-Toll,
  • 14 kilos de poussière balayée chez moi,
  • 9 abcès,
  • 1 passage à la télé nationale et 3 interviews à la radio,
  • * approximations.

Merci à tous les fidèles lecteurs de ce blog, ça fait plaisir de voir qu’on ne nous oublie pas, même à 6000 km. Merci également aux visiteurs occasionnels et/ou accidentels.

J’ai trouvé des amis, man, trouvé des amis

Le sénégalais est chaleureux et accueillant, c’est de notoriété publique. Ce que l’on sait peut-être moins (mais que l’on peut en déduire de la phrase précédente), c’est que le sénégalais échange volontiers son numéro de téléphone. Ainsi, après presque un an ici, je pense avoir récupéré plus de numéros que tous ceux que j’ai pu récolter en cinq ans en France.

Parmi ces 124 contacts, quelques petits chiffres intéressants :

  • 4 Mbaye, 5 Diallo, 6 Sow et 8 Ndiaye (aucun lien de parenté entre tous) ;
  • 3 personnes dont je n’ai pas la moindre idée de qui ça peut être ;
  • 12 contacts que j’ai rentré alors que je n’ai jamais eu aucune intention de les appeler ;
  • 12 prétendants ;
  • 7 gars dont j’ai rentré le numéro pour pouvoir ne pas leur répondre quand ils m’appellent.
Mercredi 22 juillet 2009 Matam Facts, Vis ma vie de VSI 2 commentaires

Jamais contente

L’hivernage est arrivé. Youpi ! À nous les moustiques, la boue, la pluie.

Non, parce qu’ici, la météo, c’est la galère presque toute l’année :

  • de mars à juin : il fait chaud (pas moins que 35°, parfois plus que 49°), sec, et il y a des tempêtes de sable régulièrement qui rendent l’air étouffant et encore plus chaud que d’habitude (et en prime, qui donne un aspect jaunâtre à tout ce qui nous entoure) ;
  • de juin à septembre : c’est la pluie. C’est sympa la pluie, surtout depuis le temps qu’on l’attend. L’inconvénient, c’est que ça attire les moustiques (et le palu) et comme les routes ne sont pas forcément goudronnées, ça fait plein de boue partout. Enfin, à certains endroits, c’est des inondations à n’en plus finir ;
  • de septembre à novembre : on entre en saison sèche. Il ne pleut plus et il se remet à faire beau (au sens européen du terme) et donc il se remet aussi à faire un peu chaud. Suffisamment pour transpirer toute la journée, mais pas assez pour faire fuir les moustiques ;
  • de décembre à février : c’est la période froide de la saison sèche. Donc c’est assez sympa, puisqu’on redescend autour de 20-25° la journée et 16 au petit matin. C’est chouette, mais le problème, c’est que ni la maison, ni nous-même ne sommes équipés pour ces températures qualifiables de polaires : pas de vitres aux fenêtres, à peine un petit pull en stock, pas de couverture et pas d’eau chaude dans le robinet. Donc on a froid et on en arrive presque à souhaiter la remontée du thermomètre.

Avis de tempête

Hier soir, j’ai testé pour vous la véritable tempête de sable made in Sahel.

C’est tout à fait impressionnant : ça commence par l’approche du nuage de poussière, un peu comme dans les films catastrophes (cf. image ci-après). Ensuite, et bien il fait tout noir, on respire et on mange du sable mais le vent ne souffle pas si fort que ça (enfin, en tout cas, quand on est au cÅ“ur du nuage). Enfin, on attend sagement que ça passe parce qu’on ne peut rien faire d’autre. En bonus parfois, il y a une coupure de courant parce que dans le super noir, c’est beaucoup plus rigolo.

tempete-du-desert

Enfin, les dégâts sont surtout poussiéreux : puisque les maisons n’ont pas de vitres mais de grandes ouvertures pour faire passer l’air, et bien c’est porte ouverte à tout ce qui vole. Voilà ci-dessous tout ce que j’ai ramassé en un coup de balai chez moi après la bataille (ça doit peser un peu plus d’un kilo) :

dsc07174

Rien ne se crée, rien ne se perd…

… tout se transforme !

Vous vous souvenez de Josette ?

Et bien d’usine à oeufs, elle est devenue mon dîner d’hier soir.

C’était bon.

Mercredi 27 mai 2009 Vis ma vie de VSI 4 commentaires

Cas de conscience 2

Si le premier cas s’est réellement produit, en voici un second qui pourrait bien se produire.

Imaginez…

Vous êtes dans une école primaire pour rencontrer le directeur, un maître ou faire une séance d’animation. La classe est un peu agitée, les élèves bavardent… Et un peu énervé par leur comportement, le professeur décide d’en corriger un avec une lanière en cuir ou un bout de bois, le tout, sous vos yeux ébahis.

Que faites-vous ?

Cas de conscience

Imaginez…

Vous êtes une femme française blanche dans une région rurale très traditionnelle du Sénégal. Pour votre boulot, vous intervenez dans un collège du coin qui est en partenariat avec un collège français. Lors d’une séance, un débat est lancé sur l’excision : pour ou contre ? (Note : s’en suivra un débat sur la circoncision : pour ou contre ?).

Avant d’aller plus loin dans l’histoire, quelques petites caractéristiques de la région à connaître :

  • nous sommes dans un village : les commérages vont à la vitesse de la lumière,
  • dans la zone, beaucoup de femmes sont excisées et cette pratique a encore lieu (j’avancerais bien le chiffre de 85% de femmes excisées, mais je n’en suis pas certaine),
  • on pourrait qualifier ce milieu de “macho”.

Reprenons.

Donc ça débat. Les animateurs demandent qui est pour, qui est contre et pourquoi. Voyant que certaines filles sont pour, vous décidez d’intervenir pour leur demander pourquoi elles y sont favorables. Quand elles vous expliquent à demi-mot que ça leur évite de répondre aux avances des garçons, vous leur demandez si le fait de ne pas être excisée changerait quelque chose. Devant le peu de répondant, vous vous souvenez des éléments cités plus haut et retournez vous asseoir.

Puis l’animateur principal du débat (un professeur de la zone) décide de clore la question par sa petite conclusion : “C’est une tradition. C’est une pratique que l’on a trouvé là. Malgré les politiques gouvernementales, le taux d’excision n’a pas diminué, ce qui pourve bien qu’il y a des avantages. Il y a plus d’avantages que d’inconvénients, donc il faut continuer”.

Vous, une femme, blanche, avec vos valeurs occidentales, comment décidez-vous de réagir ?

  1. à la révolutionnaire : vous vous levez, vous criez haut et fort et vous expliquez que cette pratique est une honte, que c’est avilissant que cela ne devrait pas exister. Dans l’emportement, vous concluez en les traitant d’arriérés et quittez la salle.
  2. à la conciliatrice : vous attendez la fin de la séance et intervenez pour faire une petite conclusion. Vous leur ressortez leurs arguments contradictoires (avec la circoncision, l’homme aura plus de plaisir ; avec l’excision, la femme aura moins de plaisir) et vous leur posez des questions toutes simples qui sont sensées les faire réfléchir (pourquoi y a-t-il des politiques de lutte contre l’excision et pas la circoncision ? etc.).
  3. à l’autruchienne : vous fermez votre g….. en vous disant que ce n’est pas votre problème et que de toutes façons, c’est trop tard : elles sont déjà toutes mutilées.
  4. avec retard : vous décidez de ne rien dire pour le moment et fourbissez vos arguments pour la séance suivante. Vous savez pertinemment qu’ils ne vous écouteront pas plus que ça (une toubab contre des siècles de tradition, ça ne pèse pas lourd) mais au moins vous pourrez leur donner une version écrite des arguments.

Burp…

Si jamais quelqu’un était intéressé pour avoir les recettes des petits plats présentés cette semaine, ce n’est pas à moi qu’il faut s’adresser car en plus d’être piètre photographe, je suis tout aussi mauvaise en cuisine.

Par contre, un grand merci à Kédia qui est l’auteur de ces recettes et qui ravie mon estomac chaque jour.

M’man, qu’est-ce qu’on mange vendredi ??

ceeb-vendredi

Retour aux fondamentaux en cette fin de semaine : riz, poisson, carotte, patate, fond de marmite, chou, aubergine, navet, manioc.

M’man, qu’est-ce qu’on mange jeudi ??

jeudi-mafé

Aha ! © La feinte ! Pas de riz au poisson aujourd’hui. Ce coup-ci, c’est du mafé. On a remplacé le poisson par des bouts de viande. Les carottes et la patate sont restées et tout le reste a été remplacé par une douce sauce à la cacahuète.

C’est typiquement le genre de plat qui te tient bien au corps toute l’après-midi et qui t’oblige à faire une sieste (ça tombe bien, ma pause déjeuner dure 2h30)…

Perso, je trouve ça trop bon (la sieste comme le mafé).