Illustrations
Comme un symbole
Voici la vue d’une salle de classe dans un lycée de Clichy-sous-Bois. Ou comment, incidemment, les élèves peuvent avoir l’impression que leur avenir est un peu barré…
Chacun sa place
Le peuple sénégalais est composé de plusieurs ethnies. Chacune a un territoire d’origine, même si, au fil du temps, les gens bougent et les grandes villes comme Dakar ou Saint-Louis sont devenues de véritables melting pots.
La carte ci-dessous montre l’origine géographique des principales ethnies :
Chez mon boutiquier
Dans mon quartier, il y a un boutiquier. Bon, en fait, il y en a bien plus qu’un, mais disons que c’est chez lui que je vais. Sa boutique, c’est une boite en feraille de deux mètres sur deux. Vue comme ça, elle ne paie pas de mine, mais en réalité, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Quoi que tu cherches, il l’a (en général). Cela part des produits de base (cube Maggi ou oignons) en passant par de la lessive, du beurre, des bonbons, du gel pour les cheveux, des chaussures de foot, des mèches pour les filles, des casques audio, une douille pour ampoules, etc.
Et puis alors, même si tu ne vois pas ce que tu cherches, il faut demander car il est plein de ressources (et de cachettes).
Ci-dessous, un aperçu de son bric-à -brac :
Du coq à l’âne
Assister au début de l’hivernage, c’est super rigolo. En deux pluies, tout reverdi et on se croirait dans un autre pays. Regardez la différence entre la première photo, qui est le paysage typique du coin que l’on a neuf mois dans l’année :
Et la seconde photo qui est le résultat de quatre pluies étalées sur quatre semaines :
Ce qui est aussi vraiment surprenant, c’est de voir là où l’herbe pousse (ou ne pousse pas) :
Enfin bref, c’est un peu une lutte d’influence :
Bob le constructeur
Je m’y connais peu en construction, mais il ne me semble pas qu’en France, on fabrique ses briques sur le chantier même. Et bien ici, c’est le cas. Lorsque l’on construit (ou fait construire) sa maison, on apporte d’abord un tas de sable, puis un tas de graviers, son ciment, on branche un tuyau au réseau d’eau et hop, on fait pousser son champ de briques :
De même, les soutiens en ferraille (désolée, je ne suis pas du métier), on les fabrique sur place. Au fur et à mesure que les murs montent, on plante les échafaudages (des planches de bois) dans les briques déjà posées (en y faisant des trous, qui seront rebouchés par la suite).
Pour la peinture, on la fait une fois que le volet est posé sur ses gonds, pareil pour le vernis sur les portes en bois. Non, parce que c’est tout de même beaucoup plus rigolo de frotter le carrelage pendant des heures pour enlenver les tâches.
Bref, au final, les maisons tiennent debout, mais on a souvent l’impression que c’est fait à la va-vite et que ça aurait pu être un tout petit peu plus fignolé. Exemple :
Il faut bien reconnaitre que le gros avantage d’avoir son tas de sable devant la maison, c’est que ça fait une super aire de jeux pour les enfants du quartier. Le gros désavantage, c’est quand le tas vient d’être déposé au coin de la maison et que tu tournes trop sec avec la moto : on s’embourbe !
Pastis par temps bleu…
On parle, on parle (157 posts déjà , l’air de rien) mais je n’ai même pas présenté le plus important : la bière ! Bon, entre nous, il n’y a rien d’extraordinaire à savoir, mais pour votre culture générale, sachez qu’on s’enivre avec deux marques : la Gazelle et la Flag (acronyme au choix de Front de Libération des Alcooliques de Gauche ou Femme Libre Attend Garçon).
La Gazelle, c’est un peu LA bière nationale. D’une teneur assez faible en alcool, elle compense par la contenance : 63 cl la bouteille. Du coup, le grand défi à Matam, c’est de la terminer avant qu’elle ne deviene trop chaude. C’est parfois un peu compliqué…
La Flag, elle, a nettement plus un goût de bière. C’est d’ailleurs peut-être pour ça qu’elle a un format plus standard.
Avis de tempête
Hier soir, j’ai testé pour vous la véritable tempête de sable made in Sahel.
C’est tout à fait impressionnant : ça commence par l’approche du nuage de poussière, un peu comme dans les films catastrophes (cf. image ci-après). Ensuite, et bien il fait tout noir, on respire et on mange du sable mais le vent ne souffle pas si fort que ça (enfin, en tout cas, quand on est au cÅ“ur du nuage). Enfin, on attend sagement que ça passe parce qu’on ne peut rien faire d’autre. En bonus parfois, il y a une coupure de courant parce que dans le super noir, c’est beaucoup plus rigolo.
Enfin, les dégâts sont surtout poussiéreux : puisque les maisons n’ont pas de vitres mais de grandes ouvertures pour faire passer l’air, et bien c’est porte ouverte à tout ce qui vole. Voilà ci-dessous tout ce que j’ai ramassé en un coup de balai chez moi après la bataille (ça doit peser un peu plus d’un kilo) :
Cheikh Ahmadou Bamba
Le petit commentaire de Michaële m’a donné plein de nouvelles idées de post et c’est tant mieux ; merci à elle. Dans un précédent message, j’essayais vainement à main levée et en totale impro de parler de Touba et tout ça mais ce n’était pas terrible. Du coup, petit retour sur le sujet.
En fait, au départ de Touba, il y a Cheikh Ahmadou Bamba. Né vers 1853, mort en 1927, c’est un marabout à l’origine de la confrérie des Mourides. Comme vous l’aurez habilement remarqué, il est de l’époque coloniale. Opposé à la présence française, il n’est cependant pas du genre guérilla mais plutôt adepte du style calme et tranquille à la Gandhi. Moult fois arrêté, enfermé, exilé pour ses positions anti-française, il passera 4 ans en Mauritanie, 7 ans au Gabon, puis pas mal de temps en résidence surveillée au Sénégal. Après quelques années à se le mettre à dos, les autorités françaises se rendent compte qu’il ferait bien de collaborer avec lui vu ses idées pacifistes. Elles iront même jusqu’à vouloir lui remettre la Légion d’Honneur (il refusera).
Et donc c’est lui qui a créé le mouridisme (de plus amples détails dans un futur post, Inch’Allah) et surtout la ville de Touba au presque centre du Sénégal (cf. la carte). C’est là -bas désormais que repose sa dépouille. Tous les ans a lieu le grand Magal de Touba qui est un pèlerinage dans cette ville pour commémorer son départ en exil au Gabon.
Plusieurs histoires contribuent à sa légende. En voici quelques unes :
- il se retrouve enfermé dans une cage avec un lion féroce qui devient soudainement doux comme un agneau ;
- coincé (à propos) dans une ruelle, un taureau le charge et avant de le heurter, la bête tombe raide morte ;
- dans un bateau en pleine mer, alors qu’il veut faire ses ablutions pour la prière, on l’en empêche. Il ne se démonte pas et quitte le navire pour les faire en pleine mer en marchant sur l’eau ;
- au Congo, il est jeté dans un feu par des mercenaires mais les flammes l’épargnent.
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au Sénégal, Cheikh Ahmadou Bamba est vénéré par les mourides avec quasiment autant de force que le prophète Mahomet. Cela se manifeste notamment par le nombre de personnes allant au Magal de Touba mais aussi au quotidien en affichant des images du Cheikh partout : au plafond de sa boutique, en badge sur ses fringues, scotché au pare-brise de son véhicule, suspendu autour du cou, etc.
Par contre, c’est toujours la même image car il n’existe qu’une seule photo connue de lui. La voici :
Il faut savoir se détendre…
Suite à des remarques désobligeantes, je me vois dans l’obligation de mentionner que cette photo n’a pas été prise par moi (qui en aurait douté puisque tout le monde sait que je ne sais pas les prendre) mais par Solenne B.
Et il faut bien préciser par là même toutes les qualités de ce personnage. Outre le fait de savoir prendre les photos qui vont bien (même s’il a fallu la retoucher avant de la publier [la photo, pas la fille]), elle sait également faire la blague qui va bien, n’a pas peur du ridicule et est capable de vous chanter l’intégralité du répertoire de la chanson française, de 1980 à nos jours.
C’est bon, t’es contente maintenant ?!
Antivol

J’ai trouvé cette photo par hasard et elle m’a fait sourire. Je serais sérère, je dirais que ce sont les tongs d’un hal-pulaar à l’entrée d’une mosquée. Pour ceux qui ne voient pas le rapport, reportez-vous à l’article sur le cousinage à plaisanteries pour un début d’explication.














