Listes et modes d'emploi
Toutes les bonnes choses ont une fin
Et ben voilà, c’est terminé. Après un an à Matam, je rentre en France. Plus de découvertes sur le Sénégal, donc plus d’articles dans le blog.
Finalement, on pourra résumer cette expérience en quelques chiffres :
- 6500 km à moto, 2 chutes et 1 crevaison,
- 170 articles dans ce blog,
- des températures au-delà des 50° (à l’ombre),
- 1 souris, 1 grenouille, 1 poule, 5 dromadaires, 2453* biquettes (et assimilés), 286* zébus, trop de moustiques,
- 0 palu,
- 16 demandes en mariages,
- 131* bières,
- 87 heures de transports en commun pour 8 voyages entre Dakar, Saint-Louis, Matam et Richard-Toll,
- 14 kilos de poussière balayée chez moi,
- 9 abcès,
- 1 passage à la télé nationale et 3 interviews à la radio,
- * approximations.
Merci à tous les fidèles lecteurs de ce blog, ça fait plaisir de voir qu’on ne nous oublie pas, même à 6000 km. Merci également aux visiteurs occasionnels et/ou accidentels.
Petite leçon de wolof
La langue parlée par 80% de la population sénégalaise est le wolof. Il paraît que c’est assez simple à apprendre et c’est vrai que le peu que j’ai essayé, ça n’avait pas l’air trop compliqué. Après, je dois reconnaître que ça reste encore un peu trop compliqué pour ma flemmardise…
Ce qu’il faut savoir, c’est que dans cette langue, tout est dans la prononciation. Une mauvaise prononciation et vous pouvez rapidement vous retrouver à insulter votre interlocuteur. Exemple politiquement correct : l’école se dit “daara ji” et rien se dit “dara”.
Toujours concernant la prononciation, voici les lettres qui se prononce un peu différement de chez nous :
- c : tch
- j : dj
- kh, q et x : rh (comme Juan en espagnol et achtung en allemand)
- η : la petite lettre bonus qui se prononce ng comme dans camping
Ce qui fait que la phrase : Fan laa mëna ame restoraη bu baax ? Càmmoñ walla ndeyjoor ? ne se prononce pas comme vous avez essayé de le faire, mais Fan laa mœna amè restorangue bou barh ? Tchammogne oualla ndeydjor ? Et encore, je ne vous ai pas mis les voyelles longues… Accessoirement, ça veut dire : où puis-je trouver un bon restaurant ? à gauche ou à droite ?
La petite chose rigolote, c’est d’entendre quelqu’un parler anglais avec l’accent wolof : on a l’impression d’entendre de l’allemand.
Toujours dans la prononciation (on va sûrement en rester là, je ne pense pas qu’une leçon de grammaire intéresse beaucoup de monde), pas mal de mots ont été pris du français et wolofisés. Quelques exemples frappants :
- minise - [minissè] - menuisier
- etijaη - [ètidjangue] - étudiant
- sinemaa bi - le cinéma
- boyet bi - [boyèt bi] - la boîte
- estaasyoo-esaas - station-service
Cela fonctionne également dans l’autre sens : on a francisé - principalement - les noms propres. Ainsi, Joob est devenu Diop ; Njaay, Ndiaye ; Juuf, Diouf ; Caw, Thiaw ; Jaxate, Diakhaté. De même pour les villes, Thiès devrait s’écrire Cees ; Richard-Toll, Risaartool ; Ziguinchor, Sigicoor ; etc.
Et pour terminer, les trois mots de la vie courante qui vont bien :
- oui : waaw
- non : déedéet
- Comment vas-tu ? : Na nga def ?
- Je vais bien : Maa ngi fi rekk ou Jàmm rekk
- merci : jërëjëf
Celibrity Skin
Voici une liste non exhaustive de sénégalais connus et reconnus que vous devriez connaître. Si ce n’est pas le cas, cultivez-vous !
- Léopold Sédar Senghor : premier président de la République du Sénégal (de 1960 à 1980 ; soit quatre mandats et demi), il était également membre de l’Académie Française. C’est lui qui a composé l’hymne national du Sénégal. Il est décédé en 2001.
- Abdou Diouf : second président du Sénégal (de 1980 à 2000 ; soit 3 mandats et des poussières), il a été le premier ministre du premier (président) et deviendra par la suite secrétaire général de la Francophonie. Il l’est toujours (que l’on sache).
- Cheikh Anta Diop : historien et anthropologue, il développe une thèse selon laquelle l’Egypte antique était peuplée d’africains noirs. Il en sortira un livre Nations nègres et culture. Depuis, il est mort et on a donné son nom à l’Université de Dakar.
- Youssou Ndour : c’est LA star de la chanson au Sénégal. Tout le monde ne jure que par lui et en France, il remplit des Bercy à tour de bras. Je vous mettrais bien un extrait sonore, mais ce serait illégal et je n’en ai pas sous la main. Sinon, vous pouvez aller voir sur Deezer (ça, c’est légal).
- Baaba Maal : un chanteur également, qui sera d’ailleurs en concert au festival Rock en Seine fin août.
- Mamadou Niang : un peu de beauferie. Un joueur de football qui joue à Marseille et qui en plus vient du coin de Matam (Thiemping pour être précise). Les sénégalais étant fans de foot et de l’Olympique de Marseille, ça aide à la popularité.
Home Sweet Home
C’est pas le tout, mais c’est aussi vachement de rentrer chez soi, parce que :
- après 59 heures de voyage, t’es content, c’est tout (promis, je vous raconterai),
- si tu veux acheter ton pain ou du riz le dimanche à 23 heures, le magasin est ouvert,
- les gens sont bien plus aimables qu’en France (et ouais…),
- le fait de se sentir en vacances dès que tu as deux heures de libre, ça n’a pas de prix (pour tout le reste…),
- lorsque je vais sur deezer, megavideo, etc. je n’ai pas à attendre la matinée avant que la vidéo ou la chanson ne soit chargée (et oui, tout arrive),
- dans ma région, il n’y a pas d’embouteillages, pas de feux rouges, pas de côtes à monter, pas d’escaliers à gravir,
- c’est chez moi après tout et j’aime bien être chez moi,
- …
Les jolies colonies de vacances…
Passer quatre mois loin de ce que l’on a connu pendant 23 ans, ça vous permet d’oublier quelques petits trucs et d’encore plus les apprécier quand on les retrouve. Florilège…
- s’emmitoufler dans sa couette au point de ressembler à la barette de chocolat dans un pain au chocolat et passer la matinée comme ça (en même temps, j’étais en vacances),
- voir la neige, marcher dessous et dessus (mais pas conduire dessous parce que les gens conduisent trop mal),
- prendre un super goûter : nutella, tasse de chocolat chaud, etc.
- voir mes chaussures de hand, elles sont belles, elles sont rouges (ne cherchez pas d’explication, mais ça m’a fait chaud au cœur…),
- aller sur deezer, megavideo, etc. et ne pas avoir à attendre la matinée avant que la vidéo ou la chanson ne soit chargée,
- s’émerveiller de ce que nos amis les ingénieurs sont capables de créer pour nous divertir (la wii, c’est vraiment trop génial !),
- sur la route, s’attendre à rouler dans un nid de poule et bah non finalement, y en a pas !
- …
Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
En cette période de Tabaski (mardi dernier par chez nous), un mini-focus sur la viande halal. Comme ce n’est pas qu’une étiquette aposée sur les barquettes en polyester de Carrefour, permettez une petite explication.
D’après le Coran, les musulmans n’ont le droit de manger que de la viande dite halal, en opposition à la viande haram (qui veut dire “interdit” ou un synonyme équivalent).
Il existe tout un tas d’interdits concernant l’alimentation. Les quatre plus importants sont :
- les animaux que l’on a trouvé morts,
- le sang,
- la viande de porc,
- l’animal abattu au nom d’un autre Dieu.
Si on rentre dans le détail, sont également interdits les animaux :
- suffoqués, assommés, tués par une chute ou d’un coup de corne,
- entamés par une bête féroce, sauf si on les purifie par une saignée,
- immolés aux autels des idoles.
Lors de la Tabaski (ou Aïd El-Khébir ou fête du mouton), les musulmans tuent un mouton en mémoire du sacrifice d’Abraham. Je l’avais déjà dit, mais je préfère répéter pour les deux du fond.
Mais attention, ils ne le tuent pas n’importe comment. Ils appliquent la Dhabiha (joliment écrit en arabe ici : ذَبِيْحَة ). Idéalement, tous les animaux devraient être abattus de cette manière (sauf les poissons) pour respecter la loi islamique.
Donc, la Dhabiha, c’est comment que ça se passe ? La bête doit être consciente au moment des faits (enfin, selon la majorité des musulmans, mais il semblerait qu’il y ait polémique là-dessus). Solidement maintenue au sol, elle est placée en direction de La Mecque. Puis, la personne en charge des opérations - qui doit être musulmane - pratique une profonde et rapide incision à la gorge afin de couper les veines jugulaires et les artères carotides. Pendant l’opération, il doit prononcer “bismillah”, qui signifie “au nom de Dieu”.
L’idée, c’est d’être rapide et précis afin de ne pas faire souffrir la bestiole plus que nécessaire et que le sang s’écoule rapidement (c’est plus hygiénique).
Merci à Wikipédia et je ne sais pas trop qui.
Le code de la route au Sénégal
Le développement accéléré des infrastructures routières sénégalaises (échangeurs futuristes, tunnels, toboggans, voies rapides…, quadruples voies) impose un bref rappel des règles de la conduite automobile en ville et à la campagne.
EN VILLE
A. Chaussée et trottoirs
1. La chaussée est réservée aux véhicules motorisés, aux charrettes, aux troupeaux de vaches, aux moutons, aux vendeurs ambulants.
2. Les trottoirs sont réservés aux vendeuses de mangues et d’arachide, aux préparateurs de café touba, aux réparateurs de voitures (et, consécutivement, aux carcasses des dites voitures), au séchage des briques, au stockage des marchandises diverses. Les véhicules peuvent cependant l’emprunter au cas où la chaussée est encombrée.
3. La rue n’est pas qu’un espace de circulation (ou d’embouteillage) : c’est aussi un marché. Selon la saison et l’arrivage des navires porte-conteneurs, vous y trouverez des guirlandes (Noël), des mouchoirs (prononcer “moussoirs”), des protège-volants et des enjoliveurs (toute l’année), des portraits de Serigne X ou Y (Magal/Gamou), des cartes téléphoniques (toute l’année), des dattes (Ramadan), la dernière cassette de Youssou Ndour (une fois par an), des moutons (Tabaski), etc. N’hésitez pas à négocier longuement le prix, celui qui attend derrière vous aurait fait pareil.
B. Priorités
1. Le car rapide a TOUJOURS la priorité
2. En l’absence de car rapide (rare), c’est le taxi qui a priorité.
3. Le piéton n’a JAMAIS la priorité.
4. En cas d’absence de piéton (rare), c’est le “deux roues”qui n’a pas la priorité.
5. En cas d’absence de car rapide, de taxi, de piéton et de deux roues, c’est le véhicule le plus gros qui a la priorité.
C. Distances de sécurité
1. Ne pas rouler trop près derrière un car rapide au risque de recevoir l’apprenti sur le capot en cas de rupture du train arrière.
2. Ne pas rouler trop près d’un taxi au risque d’emboutir son pare-choc, marqué de “Sant Serigne A ou B” ou “A ma mère Anta Ndoye”, en cas de freinage brutal consécutif au “PSSSST” d’un client.
3. Laisser une distance minimale de 2m50 lorsqu’on double une charrette pour éviter d’exploser la tête du cheval s’il regarde brutalement à gauche.
D. Sens de la marche, intersections
1. Le sens de la marche se fait préférentiellement vers l’avant, mais vous pouvez remonter la bretelle de l’autoroute en marche arrière si vous vous êtes trompé de direction
2. Un feu vert ne signifie pas que vous avez la priorité, il est là à titre indicatif ; regarder à gauche et à droite avant de traverser le carrefour. De toute façon, un feu fonctionnel est un phénomène extrêmement rare.
3. Pour tourner à gauche à un carrefour, emprunter la voie de gauche le plus tôt possible pour raccourcir le trajet et empêcher celui qui vient en face de vous ralentir.
4. D’une manière générale, le côté gauche de la chaussée est toujours en meilleur état que le côté droit. L’emprunter en priorité.
5. Ne pas tenir compte de l’article D4 en cas d’embouteillage : doubler la file de véhicule par la droite, sur le trottoir de préférence, en tenant compte de l’article A2.
6. Les panneaux “Stop”, “Cédez le passage” n’ont de sens que si vous avez un petit véhicule. Se référer à l’article B5.
7. Aux intersections embouteillées, s’engager le plus loin possible, par la droite ou par la gauche, pour bloquer le carrefour le plus tôt possible.
E. Signalisation lumineuse et sonore des véhicules
1. Statistiquement, une voiture qui met son clignotant à gauche tourne à 75 % à droite, à 5 % à gauche et va tout droit à 20 % (source : Direction des transports terrestres)
2. Il est indispensable de klaxonner dès qu’un autre véhicule est engagé, veut s’engager ou ne s’engage pas sur la même voie que vous.
3. Il est indispensable de klaxonner la voiture qui est arrêtée devant vous au feu rouge AVANT que le feu ne passe au vert.
4. La nuit, rouler en plein phare pour montrer votre détermination au véhicule qui vient en face.
5. Les charrettes n’ont aucune obligation d’avoir une signalisation lumineuse la nuit.
F. Stationnement
1. Le stationnement est libre. Il se fait préférentiellement là où on veut et quand on veut.
2. En cas de panne ou de crevaison, ne pas déplacer la voiture, mais réparer sur place, surtout si on est au milieu d’un carrefour.
EN DEHORS DE LA VILLE
En dehors des agglomérations, les mêmes règles s’appliquent à quelques nuances près.
1. Le camion a TOUJOURS la priorité.
2. En l’absence de camion, c’est le taxi-brousse qui a priorité.
3. En l’absence de camion et de taxi-brousse, les animaux errants ont la priorité.
4. Statistiquement, les ânes restent immobiles au milieu de la chaussée, les chèvres conservent leur direction et vitesse initiales, les moutons et les poules obéissent à la théorie du chaos (trajectoire erratique non prévisible). Source : Direction de l’élevage.
5. L’article D4 (roulez sur la voie de gauche) s’applique en toutes circonstances, surtout au sommet des cotes.
6. Une branche posée au milieu de la route annonce un camion de charbon de bois qui a renversé sa cargaison 500 m plus loin. Ralentir
7. Un parpaing sur le côté de la route annonce une crevasse consécutive à un glissement de terrain dû aux fortes pluies de l’hivernage 2002. Ne pas le déplacer, la direction de la voirie a programmé la réfection de la chaussée (source : Direction de la planification)
8. Dans les villages, les ralentisseurs sont faits pour être évités : les contourner par la droite ou par la gauche en perdant le moins de vitesse possible.
Bien entendu, il s’agit là d’un petit trait d’humour. On me l’a envoyé par mail, j’ai voulu vous en faire profiter…
Y avait des affreux reptiles et des jolis moutons blancs
Il n’y a pas de mystère, les animaux qui traînent dans les rues de Matam sont les mêmes que ceux que vous pouvez voir dans vos campagnes (et éventuellement au rayon boucherie). C’est peut-être l’air sénégalais ou le dépaysement, mais je les perçois sous un angle totalement différent ici.
Les chevaux : Je ne sais pas s’ils sont délaissés, s’ils n’ont pas assez de nourriture ou si c’est la mode, mais la majorité de ces bestioles rencontrées jusqu’à présent font peine à voir (surtout quand ils se trouvent sur la voie rapide de Dakar, au milieu des voitures en train de tirer une charrette). Bien souvent, ils n’ont que la crinière sur le squelette et j’ai toujours peur qu’un faux mouvement les amène à se percer le cuir avec leurs os.
Les ânes : Apparemment plus robuste que le cheval (cf. rubrique précédente), l’âne se promène rarement seul. Plus volontiers par groupe de deux ou trois, il est partout et surtout sous ma fenêtre. Doté d’un appareil vocal puissant, lorsqu’il est en rut, l’âne aime appeler sa tendre de nuit, vers deux heures du matin, surtout sous ma fenêtre.
L’expression « têtu comme une mule » prend ici tout son sens. Lorsque deux ânes se trouvent sur la route en même temps que vous (en voiture), au lieu de se dépêcher pour traverser, soyez assuré qu’il va s’arrêter en plein milieu, vous faire face, les yeux dans les phares, sans doute pour voir si vous allez vous arrêter, peut-être pour essayer d’impressionner sa belle qui l’accompagne (« regarde comme je suis fort chéri, j’arrête les voitures avec mon regard »), moins probablement parce qu’il est suicidaire.
À noter : la mélodie de l’âne appelant sa dulcinée est tout à fait incroyable. Dès que possible, je vous propose un extrait.
Les chèvres et moutons (amicalement surnommés les biquettes) : Encore plus sociable que l’âne : la biquette. Si vous voyez une biquette seule, c’est louche. Soit le reste du troupeau va vous tomber dessus d’un instant à l’autre, soit ils jouent tous à cache-cache.
Les biquettes sont très bavardes ; elles bêlent toute la journée. Le seul hic, c’est que certaines ont une manière de bêler particulièrement inélégante. Cela ressemble – au choix – à quelqu’un qui aspire le fond de son jus d’orange à la paille ou à un type qui se racle le fond des amygdales avant de tout expulser. Quand tu es en réunion juste à côté, ça donne un petit côté nature très sympa. Bien entendu, la biquette ne connaît pas la courtoisie et ne se gênera pas pour se manifester sous votre fenêtre à des heures indues.
Phénomène intéressant : les biquettes se promènent partout dans la ville (bien qu’elles restent de préférence dans leur quartier), mais sans la surveillance de personne. Pour savoir à qui elles appartiennent, la solution la plus simple est d’en renverser une avec sa voiture et de voir la personne qui déboule devant vous pour vous engueuler.
Les zébus (zé plus soif) et autres bêtes à cornes : Très rarement en ville, la bête à corne privilégie les verts pâturages le long du goudron. Signe de prospérité, les éleveurs sénégalais préfèrent accumuler les têtes de bétail plutôt que de les vendre. En même temps, qui ne préfère pas la renommée de tout le village à un bon Tiep Bou Dien ?!
Outre le signe extérieur de richesse, la bête à corne tient également parfaitement son rôle de radar. En effet, un zébu sur la route vous fera toujours plus ralentir qu’un gendarme planqué dans les fourrés.
La volaille (coqs, poules, poussins, canards, dindons) : Un peu comme le bambou, tous les œufs éclosent en même temps (ou tout du moins, c’est l’impression que j’ai). Après avoir croisé moult poules et autres spécialités du Père Dodu, je n’arrête pas de croiser maman poule et ses petits poussins ces temps-ci.
Le coq est un peu comme l’âne : il aime chanter sous ma fenêtre, généralement pendant une bonne demi-heure, afin de s’assurer que je ne me rendorme pas. Ce qui fait que dans la nuit, je passe du coq à l’âne, c’est assez désagréable, je n’arrive plus à suivre..
Les crapauds : Douce mélodie au fond de la nuit, le crapaud s’invite lors des gros orages chez l’habitant. Pas méchant, pas trop vif, il est, finalement, d’assez bonne compagnie ; surtout lorsqu’il ramène ses petits : papa crapaud gros comme une balle de tennis et bébés crapauds, gros comme une bille. La différence de taille est assez rigolote.
Les insectes : Si à Munich c’est la fête de la bière, à Matam, c’est la fête aux insectes : sauterelles, libellules, grosses sauterelles, gigantesques cafards, assimilées libellules qui font leur nid dans ma salle de bain, bestioles immondes qui volent et qui sont beaucoup trop grosses pour ne pas être soupçonnées de modifications génétiques, grillons, et j’en passe.
L’insecte n’a aucun intérêt à par surprendre en se posant sur votre épaule ou vous sauter dans les cheveux.
Les moustiques : Bien que classable dans la catégorie des insectes, ces choses méritent une rubrique à elles seules. Perfide porteur de maladies mortelles, l’anophèle aime trainer dans les coins humides (la salle de bain quoi) en attendant sagement que vous vous exposiez allègrement à sa trompe distributrice de petits boutons qui grattent.
Deux armes contre ce truc : la moustiquaire (on aura noté son efficacité précédemment…) et le lézard. Et oui, normalement, ce petit être à la langue plus rapide qu’Usain Bolt mange ce petit saligaud. J’hésite à en faire un élevage, mais les trois déjà passés par la maison ne m’ont pas convaincu de leur présupposée efficacité.
La moustiquaire, c’est toute une affaire
L’outil indispensable ici, surtout pendant la saison des pluies. C’est en fait toute une aventure de s’en servir. Non, parce qu’on ne croirait pas comme ça, mais si tu en récupères une d’occasion le temps de t’en acheter une, c’est une véritable épreuve. Illustration.
- Étape 1 : l’accrocher. Et où est-ce que ça s’accroche ces trucs là ? Ben au plafond pardi ! Facile, mais quand tu fais 1m63, que le lit est à 40 cm du sol et le plafond à 2m50 de ce même sol, tu as beau lever les bras, ça marche pas.
- Étape 1bis : demander à ton collègue VP de te l’accrocher et donc en échange, subir ses quolibets sur ta taille. Soit. Comme il est gentil, il te propose de la relever un peu, histoire qu’elle ne t’arrive pas dans le nez quand tu es allongée dessous. Le remercier pour tout ça et le laisser – enfin – aller se coucher.
- Étape 2 : faire le tour de la moustiquaire pour regarder s’il y a des trous et éventuellement les boucher en faisant un nœud. Parce qu’une moustiquaire avec des gros trous, c’est comme un journal people sans potins : ça sert à rien. Rq : attention à ne pas tirer sur les nœuds préalablement faits sur la moustiquaire. Il se peut qu’il s’agisse d’une réparation antérieure et on a l’air très bête quand on n’arrive pas à refaire un nœud aussi fin que le précédent.
- Étape 3 : se préparer à aller dormir, aller éteindre la lumière qui se trouve à l’autre bout de la pièce et marcher (sans se prendre les pieds dans un objet non identifié et douloureux pour l’orteil) jusqu’à son lit.
- Étape 4 : se poser sur le lit et arranger la moustiquaire pour qu’elle tombe bien sur tous les côtés du lit.
- Étape 5 : se rendre compte qu’on est dans le noir et que l’étape 4 est assez difficile à réaliser.
- Étape 6 : se rendre compte que la moustiquaire est placée trop haut par rapport au plafond et qu’il est difficile de réaliser l’étape 4 (en plus du handicap de l’étape 5).
- Étape 7 : s’interroger sur la pertinence de déranger notre collègue VP de l’étape 1bis pour qu’il nous défasse le nœud gentiment fait.
- Étape 8 : estimer que les nouvelles moqueries à subir et l’heure tardive sont des arguments impitoyables en faveur de l’abandon de l’étape 7.
- Étape 9 : s’armer de courage et revenir à l’étape 4.
- Étape 10 : parvenir – tant bien que mal – à achever, après moultes dépenses physiques, cette maudite étape 4.
- Étape 11 : se rendre compte que toutes ces acrobaties, ça donne soif et qu’on irait bien boire un coup.
- Étape 12 : se rappeler de cette fichue étape 4 qu’il faudrait alors reprendre si on décide d’aller se rafraîchir.
- Étape 13 : se résigner à avoir chaud et soif pour la nuit, de toutes façons, si ça n’avait pas été maintenant, ça serait arrivé au plus tard dans dix minutes.
- Étape 13bis : s’allonger dou-ce-ment pour ne pas ruiner cette scrogneugneu d’étape 4 et se rendre compte que si on a le nez trop près de la moustiquaire, et ben ça pue la transpi.
- Étape 14 : en plein milieu de la nuit, en avoir ras-le-bol de ne pas oser bouger à cause de cette moustiquaire et des cauchemars déjà donnés par notre amie l’étape 4.
- Étape 15 : foutre en l’air l’installation (déjà bien abîmée) parce que zut à la fin, l’idée c’est quand même de dormir.
- Étape 16 : s’endormir paisiblement avec une moustiquaire qui pendouille lamentablement au milieu du lit et compter sur le ventilateur pour chasser tous les moustiques.
- Étape 17 : au petit matin, constater l’échec complet de l’étape 16 et compter les piqures de moustiques.
Let me introduce you to my friends
Voici donc l’instrument qui pourra vous servir ces deux prochaines années si vous voulez de mes nouvelles sans avoir à me parler.
A première vue, il s’agit d’un blog tout bête. Sauf qu’en plus, il dispose de pages permanentes sur la colonne de droite. Vous y trouverez tout un tas d’infos qui peuvent vous intéresser à un moment ou un autre et que vous n’aurez pas à aller rechercher systématiquement. Peut-être même qu’un jour, vous y trouverez des photos…
Concernant le blog en lui-même, sachez qu’il n’est pas du tout prévu que j’y tienne un journal de bord ou assimilé. Ecrire tous les jours c’est bien, mais quand on n’a pas de connexion internet, c’est pas très utile. Et puis de toutes façons, il y a tellement de choses à raconter que ça deviendrait rébarbatif et personne lirait ce que j’écris. Donc ce sera plutôt une suite de billets, ajoutés de manière tout à fait irrégulière.
Et comme tout blog qui se respecte, vous avez la possibilité de laisser des commentaires (et moi de les censurer !).