Archive for janvier, 2009

Simone va finir par avoir le mal des transports

C’est bien beau tous ces moyens de locomotion, mais concrètement, on les prend où ?

Et bien à la gare routière pardi (enfin, seulement pour les deux derniers) ! Dakar possède deux garages. Voici trois photos de la gare “Pompiers”. C’est donc une grande étendue goudronnée où les véhicules se garent - non pas de manière anarchique et désordonnée - mais selon un ordre bien précis (en fonction du lieu de destination et du moment où le chauffeur arrive).

dakar_gare_routiere

gare-pompier

gare-routiere-de-dakar

En ndiaga-ndiaye Simone !

Pour ce mode de transport, le plus dur, c’est de le prononcer correctement. Si le sept places est le TGV du Sénégal, alors le ndiaga-ndiaye en est l’omnibus. En gros, il fait les mêmes trajets que le taxi brousse, mais il s’arrête beaucoup plus souvent.

D’une contenance - selon les modèles - de 13 à 20 personnes, le ndiaga-ndiaye (allez, encore une fois et vous l’aurez du premier coup) est en réalité une camionnette ou un mini-bus réaménagé et très souvent peint en blanc (il semblerait que certains dissidents décident de le peindre en vert mais ils restent une minorité). L’objectif principal n’est pas le confort des passagers mais bien entendu l’arrivée à destination. La place pour les jambes est donc minimale et là où l’on assied trois personnes dans les mini-bus qui sortent de l’usine, ici, on en met quatre. Et de même que pour le car rapide, certains voyagent dehors, en s’accrochant au marche pied à l’arrière ou bien en grimpant sur le toit lorsque les bagos leur laissent un peu de place.

Bien entendu, vu qu’il n’y a pas tellement de place pour les gens, croyez bien que les bagages prennent l’air sur le toit. D’ailleurs, la grande qualité de ce transport (ouf, elle a pas écrit ndi…) c’est bien qu’il peut transporter beaucoup de n’importe quoi à la fois sur son toit (toutes ces rimes, ça en devient chantant) : un baby-foot, des chèvres (joliment empaquetées dans un sac noué au niveau du cou), des poules et bien sûr des valises.

D’un prix somme toute modeste (et plus négociable avec le coxeur que pour les taxis-brousse) et d’un confort tout relatif, le ndiaga-ndiaye (promis, c’était la dernière fois) est réputé pour avoir beaucoup de problèmes techniques et pour aller bien moins vite que le sept places. Pour l’instant, ma maigre expérience me confirme le contraire.

Et la bête (grande version), vu de profil et vu de face :

ndiaga

ndiaye

En sept places Simone !

De couleur bleu foncé ou blanc, le taxi brousse est LE véhicule pour les grandes distances. Il s’agit d’un break un petit peu aménagé. Car en effet, sept places ne signifie pas qu’il y a sept places en tout (chauffeur compris) mais qu’il y a sept places pour les passagers.

Les plus connaisseurs en matière d’automobile le savent déjà, mais j’explique pour les deux du fond : dans un break normal, il y a deux sièges à l’avant, trois au milieu et deux à l’arrière. Dans les sept places, il y a deux places à l’avant, trois au milieu et trois à l’arrière. Autant vous le dire : on est tassé.

Supposément plus rapide que les ndiaga-ndiaye, mon expérience personnelle montre que cela ne se vérifie par systématiquement.

Les taxis-brousse partent d’une gare routière à une autre et ne s’arrêtent (normalement) pas entre les deux pour prendre ou descendre des passagers. Exceptions sont faites quand une personne a accepté de payer le prix complet du billet mais s’arrête avant la destination finale. Pour les plus riches et pressés, il y a également la possibilité d’acheter toutes les places du taxi et de partir seul avec le chauffeur. Quelque part, tout ce qui importe, c’est que les sept places aient trouvé un financement, après, peu importe s’il y a des gens pour les occuper.

Bien entendu, il n’y a pas assez de place dans le coffre, donc la majorité des bagages sont sur le toit.

La photo qui va bien (le sept place dans sa position favorite ! non, je plaisante) :

sept-places

En karrapid Simone !

Le car rapide sévit uniquement dans les grandes villes comme Dakar ou Saint-Louis. À Dakar (pour les autres villes, je ne sais pas trop), son principe est simple : il roule sur un grand axe, va d’un bout à l’autre et recommence. Quand tu veux tourner à droite, tu changes de car.

Il n’y a pas tellement d’arrêt fixe. Pour monter, il suffit de repérer l’attrouppement le plus proche et pour descendre, tu tapes contre la carlingue du car et le chauffeur s’arrête.

Dans un car, on met environ 18 personnes assises et pour le nombre de personnes debout, ça dépend. Souvent, les gars s’accrochent sur le marche-pied à l’arrière.

Pour le paiement de la course, il y a un gars que l’on appelle “apprenti” (et que donc j’en déduis qu’il est amené à prendre la place du chauffeur à plus ou moins long terme). Il est à l’arrière du car et s’occupe de récupérer les sous, de repérer les gars qui veulent monter et de prévenir le chauffeur quand quelqu’un de trop timide veut descendre.

L’avantage de ces cars, c’est qu’ils sont tous décorés pareil, donc repérables très facilement. De confort moyen (on est un peu serré dedans tout de même), on s’en fiche un peu car le but n’est pas de faire de trop longs trajets (sauf quand on est coincé dans les embouteillages). Niveau rapidité, on s’en sort également assez bien (sauf quand on est coincé dans les embouteillages) car le chauffeur n’a peur de rien et n’hésite pas à doubler tout ce qui est trop lent. Pour ce qui est du prix, c’est très raisonnable, cela doit tourner autour de 100 francs le kilomètre.

Les petites illustrations qui vont bien, pour que vous puissiez admirrer la déco et la tenue de route.

karrapidtenue-de-route

En charrette Simone !

La charrette est tirée, au choix et selon les moyens du charretier, par un à trois ânes ou un cheval. Dans mon petit coin de Matam, c’est souvent un jeune (12-13 ans) qui s’occupe de mener la carriole. Pour motiver la bestiole afin qu’elle courre plus vite, point de carotte mais un bon gros coup de bâton sur les flancs. Pour les plus habiles d’entre eux (et sûrement pour crâner afin d’épater les filles), ils aiment bien se mettre debout sur la charrette.

La charrette sert à transporter soit des gens, soit des marchandises (bien souvent, des jerricanes d’eau pour les villages dépourvus d’eau courante). Elle est présente aussi bien en ville qu’à la campagne. En ville, c’est assez déstabilisant pour l’européenne que je suis de doubler une charrette dans Dakar. À la campagne, elle fait la liaison entre le goudron et les villages qui sont le long des pistes sablonneuses.

J’avoue ne jamais avoir pris ce mode de transport, donc niveau confort, je ne peux pas trop vous dire. Pour le prix non plus. Par contre, au niveau de la vitesse, il ne faut pas être trop pressé, ça c’est sûr. C’est un peu comme faire une croisière : on prend le temps d’admirrer le paysage.

Ci-dessous, une charrette dans toute sa splendeur ; en bonus, vous avez même son propriétaire.

charrette

En voiture Simone !

Cette semaine, petite série documentaire sur les transports au Sénégal. Comment qu’on se déplace ? à quel prix ? à quelle vitesse ? pour quel confort ? sur quelle distance ? en quelles couleurs ?

Vous aurez donc droit successivement à une présentation des charrettes, cars rapides, sept places, ndiaga-ndiaye et un petit bonus pour samedi si vous êtes sages.

Bon, mais on ne commence que demain, il ne faut pas trop en faire le même jour !

Lundi 26 janvier 2009 Sénégal Facts Pas de commentaire

Rien à voir #6

Selon une étude, les Anglais boiraient 165 millions de tasses de thé chaque jour, soit 60 milliards de tasses par an (pour 50 millions d’habitants).

C’est fou. Quelqu’un a une remarque pertinente et pleine d’humour à faire là-dessus ?

Vendredi 23 janvier 2009 Rien à voir 2 commentaires

Tu plaisantes cousin ?

Les Sénégalais ont une chouette tradition : le cousinage à plaisanteries.  Qu’est-ce que c’est que donc ?

C’est une tradition basée sur les noms de famille, les castes ou les ethnies : les Sérères sont les cousins de plaisanteries des Hal-Pulaars et des Diolas, les forgerons sont cousins avec les Peulhs (éleveurs), les Diop avec les Ndiaye, les Diallo avec les Ba, etc. L’idée, c’est de faciliter le contact et créer des liens de familiarité plus facilement, même avec quelqu’un qu’on ne connaît pas. Traditionnellement, entre cousins, on ne se fait pas de mal. En résumé, un Sérère peut débarquer devant un Hal-Pulaar et lui envoyer une grosse vanne en pleine tête, le Hal-Pulaar ne le prendra pas mal. Du coup, cela permet également la paix sociale.

Quelques petits exemples concrets :

  • il existe un conflit en Casamance : certains souhaiteraient l’indépendance de cette région ; il s’agit de Diolas. Pour qu’il n’y ait pas de problèmes, les gouverneurs, préfets et autres sont Sérères.
  • lorsqu’un Sérère va manger chez un Peulh (ou inversement) et qu’il oublie quelque chose sur place (des clés, un portable) il devra donner une “rançon” pour récupérer son bien. Par contre, il a intérêt à rester calme, car plus il va s’énerver, plus le prix va augmenter.
  • à Darha (contrée Hal-Pulaar), un Ba a frappé un Diallo pour une histoire de bol de riz (mangé non payé ou cassé, je ne sais plus). Du coup, tous les Diallo du quartier sont allé déposer un sac de riz devant chaque maison des Ba. Ensuite, tous les Ba sont venus s’excuser auprès du Diallo qui s’était pris les coups.
Lundi 19 janvier 2009 Sénégal Facts 2 commentaires

Culture de décrue

J’avoue, j’aurais bien écrit un vieux jeu de mots vaseux en titre, mais bon, ça aurait fait désordre. Bref.

Le Sénégal ne connait que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Basiquement, il fait chaud et sec pendant la première, chaud et mouillé pendant la seconde. Certes, il ne pleut que quatre mois dans l’année, mais autant vous dire que les bonnes années, ça tombe fort et souvent. Cela a pour conséquence - entre autres - de remplir le lit des cours d’eau. Du coup, lorsque la saison sèche démarre et que les cours d’eau s’assèchent de nouveau, les gars font ce qu’on appelle de la culture de décrue : ils plantent leurs semences là où la terre était inondée. Et c’est magique, il n’y a pas besoin d’arroser car avec la chaleur, l’humidité du sol accumulée pendant quatre mois remonte progressivement et abreuve les plants. C’est trop malin.

Du coup, au lieu d’avoir des cours d’eau, on a des cours de maïs. Illustration :

culture-de-decrue

Petites bêtes et gros dégâts

La photo du jour : une termitière géante. Vu mon talent pour prendre des photos, je ne suis pas sûre que vous saisissiez le truc, alors je précise. Elle dépasse les deux mètres de hauteur et il faut s’imaginer qu’avant, à la place, il y avait un arbre. Cette pauvre plante ayant été mangée par les même bestioles qui squattent l’intérieur de la porte de ma chambre.

termitiere

Mercredi 14 janvier 2009 Illustrations, Matam Facts Un commentaire