Archive for avril, 2009

L’autre école (celle de la vie ?)

Il y a bien longtemps, je vous avais promis un petit pavé sur les talibés, l’école coranique et les marabouts. Le voilà enfin.

Je vais parler pour le Sénégal et sûrement plus particulièrement pour Matam car je ne sais pas bien comment ça se passe ailleurs.

Alors donc, au Sénégal, il existe ce qu’on appelle des écoles coraniques. Il s’agit d’écoles dans lesquelles les jeunes apprennent le Coran. Il ne s’agit que de garçons. Les plus jeunes entrent à l’âge de cinq ans et ils en ressortent (si tout se passe bien) quand ils ont terminé ; c’est-à-dire lorsqu’ils connaissent le Coran par coeur.

Concrètement, la journée se passe de la manière suivante : de sept à dix heures, ils sont dans l’école avec leur maitre coranique à apprendre les versets. Ensuite, ils partent à l’aventure dans les rues de Matam pour essayer de trouver à manger ou de l’argent. C’est le moment où tu vois plein de petits gars de moins d’1m50, pieds nus, tout poussiéreux, avec des fringues qui ressemblent plus à des loques, une boite de conserve à la main qui, soit font les cons (c’est des gamins après tout), soit viennent te voir pour te réclamer des sous.
En fait, ceux qui doivent ramener des sous (plutôt à Ourossogui) trainent au marché, à la station-essence, etc. Ceux qui cherchent à manger (plutôt à Matam) passent dans les maisons après le repas pour récupérer les restes.
Ensuite, retour à l’école pour continuer les cours, puis de nouveau vers 19h, ils repartent pour essayer de trouver à manger et vers 21h, encore des cours jusqu’au coucher. Et on recommence le lendemain.

Et les parents dans tout ça ? Et bien ils sont soit dans les villages alentour soit carrément à Dakar. Ils ont toute confiance envers le marabout qui est sensé veiller sur leur progéniture. Après, tous les marabouts ne sont pas sérieux : certains en profitent juste pour s’en mettre plein les poches, d’autres ne comptent même pas leurs gamins (j’en retrouve régulièrement un ou deux endormis devant chez moi à minuit), etc.

Concernant les punitions (un verset mal appris, de l’argent pas rapporté, une envie de se défouler, etc.), ça va de la privation d’un repas, en passant par la main droite sur l’oreille gauche, la main gauche sur l’oreille droite, on s’accroupit et on se relève, autant de fois que demandé ou bien par une bonne grosse raclée (qui peut très mal se terminer dans de rares cas).

Et donc, ils apprennent le Coran. La feinte, c’est qu’ils ne l’apprennent ni en pulaar, ni en wolof, ni en n’importe quelle langue qu’ils pourraient comprendre. Non, ils l’apprennent dans sa version original : en arabe de l’époque. Et la deuxième feinte, c’est qu’ils n’apprennent pas la traduction. En gros, lorsqu’ils sortent de l’école coranique, ils savent lire le Coran (en arabe ancien), ils savent réciter n’importe quel verset, mais ils n’ont pas la moindre idée de ce que ça peut bien vouloir dire. Et ils ont passé plus de dix ans à ça.

Cependant, assez étrangement (ou pas), il paraitrait que ce sont ces jeunes issus des écoles coraniques qui s’en sortent le mieux dans la vie adulte.

Pour la version plus soft, pas mal de jeunes fréquentent cette école en complément de l’école “normale” pendant les vacances ou le mercredi après-midi.

Bon, je crois avoir décrit ça de manière assez négative, mais j’ai tellement de mal à saisir le concept que bon…

Burp…

Si jamais quelqu’un était intéressé pour avoir les recettes des petits plats présentés cette semaine, ce n’est pas à moi qu’il faut s’adresser car en plus d’être piètre photographe, je suis tout aussi mauvaise en cuisine.

Par contre, un grand merci à Kédia qui est l’auteur de ces recettes et qui ravie mon estomac chaque jour.

M’man, qu’est-ce qu’on mange vendredi ??

ceeb-vendredi

Retour aux fondamentaux en cette fin de semaine : riz, poisson, carotte, patate, fond de marmite, chou, aubergine, navet, manioc.

M’man, qu’est-ce qu’on mange jeudi ??

jeudi-mafé

Aha ! © La feinte ! Pas de riz au poisson aujourd’hui. Ce coup-ci, c’est du mafé. On a remplacé le poisson par des bouts de viande. Les carottes et la patate sont restées et tout le reste a été remplacé par une douce sauce à la cacahuète.

C’est typiquement le genre de plat qui te tient bien au corps toute l’après-midi et qui t’oblige à faire une sieste (ça tombe bien, ma pause déjeuner dure 2h30)…

Perso, je trouve ça trop bon (la sieste comme le mafé).

M’man, qu’est-ce qu’on mange mercredi ??

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Très similaire à lundi, on retrouve le riz, le poisson (ah bon ?), la carotte, l’aubergine, la carotte, le manioc, la patate, le chou et le fond de marmite. En bonus, à vous de distinguer la courge, le navet. Le vert, c’est toujours du bissap.

M’man, qu’est-ce qu’on mange mardi ??

mardi-ceeb

Le riz, le poisson (vous commencez à connaître maintenant) et comme  hier, la patate douce. Les petits tas verts, c’est du bissap, le rouge, c’est un piment et le reste, c’est de l’oignon.

M’man, qu’est-ce qu’on mange lundi ??

lundi-ceeb

Au cas où j’avais oublié de préciser : on mange tous dans le même plat (c’est plus rapide pour la vaisselle !).

Donc ici, vous pouvez voir la base de riz ; reste plus qu’à distinguer la carotte, le chou, le poisson, l’aubergine, le manioc, le fond de la marmite, la patate douce et l’ingrédient mystère (je ne sais pas comment ça s’appelle).

M’man, qu’est-ce qu’on mange ??

Au Sénégal, tous les midis, c’est ceebu jën (prononcez thiébou diènne) qui veut littéralement dire riz (ceeb) au (u) poisson (jën). Donc sans surprise, on mange du riz et du poisson.

Fins gastronomes que vous êtes et habitués à la variété, ça doit vous paraître un peu répétitif. Et bien après huit mois ici, je ne m’en suis toujours pas lassée. Le gros avantage, c’est que même si la base reste la même, ils changent tout ce qu’il y a autour chaque jour.

Je vous ai donc photographié les cinq plats que j’ai mangé la semaine dernière. Un par jour…

Et comme dirait je ne sais plus qui : “une pomme par jour éloigne le médecin… surtout si on sait bien viser”.

On the road (again)

Voilà ci-dessous le style de paysage que l’on peut voir sur la route dans le nord du Sénégal. Vous excuserez le son et chaque sursaut dans le film n’est pas dû au hoquet de la caméra-woman mais à un nid-de-poule dans la route.

Ces trois vidéos ont été prises à bord de cars de transports inter-urbains (ou ndiaga-ndiaye) entre Richard-Toll et Matam.

Jour de fête

Samedi dernier, c’était la Fête Nationale au Sénégal. Ils fêtent le jour de leur indépendance : le 4 avril 1960. Comme dans tous les pays, c’est défilé et coquetteries à la capitale et ailleurs.

À Matam, nous avons aussi eu droit à un petit quelque chose. En plus de la gendarmerie, la police et l’armée qui sont dans le coin, ils ont fait défiler les jeunes : les écoles maternelles, primaires, les collèges, le lycée, les écoles de foot, l’école de volley-ball, les scouts, la Croix-Rouge, les associations de quartier, le club de karaté et celui de taekwondo.

C’était assez rigolo de voir le sérieux avec lequel même les plus petits défilaient devant le Gouverneur.

Ci-dessous, quelques photos de l’événement, prises par mon coloc’ (dont le site avec plus de photos est ici).

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