Archive for mai, 2009

Antivol

sans titre

J’ai trouvé cette photo par hasard et elle m’a fait sourire. Je serais sérère, je dirais que ce sont les tongs d’un hal-pulaar à l’entrée d’une mosquée. Pour ceux qui ne voient pas le rapport, reportez-vous à l’article sur le cousinage à plaisanteries pour un début d’explication.

Samedi 30 mai 2009 Illustrations Pas de commentaire

Sur commande

J’ai reçu récemment la demande suivante (je ne dis pas de qui ça vient, mais ceux qui la connaissent reconnaîtront le style ; sinon, elle est graphiste, elle à 23 ans) :

dis est ce que tu pourrais faire un post sur les marabouts au sénégal ?
j’ai vu dimanche soir sur m6 dans enquète exclusive (oulala la culture… arte peut aller se rabiller) un reportage sur l’organisation “des vendeurs à la sauvette de tour eiffel en france” qui étaient tous sénégalais et qui donnaient tous des sous à leur marabout, et faisaient un pélerinage tous les ans vers Touba

Alors allons-y…

Qu’est-ce qu’un marabout ?
Rapidement abordé dans le poste sur les écoles coraniques, un marabout est à voir comme un guide spirituel. On prête au marabout des “pouvoirs” de guérisseurs. C’est lui qu’on ira voir pour que sa fille travaille mieux à l’école (soit il donne une potion magique, soit il donne des conseils avisés) par exemple. Vous avez sûrement déjà entendu l’expression “se faire marabouter”. Et bien c’est ça : on s’est pris un sort pour avoir la poisse, être malade, maladroit ou ce que vous voulez.
Si un imam est nécessairement un marabout, un marabout n’est pas forcément un imam.
C’est quoi Touba ?
Touba est la ville sainte des Mourides. Les Mourides est l’une des deux plus grandes confréries (avec les Tidianes) du Sénégal. Touba est la ville d’origine de Cheikh Amadou Bamba, le guide spirituel (maintenant décédé) des Mourides. C’est lui qui a créé le mouridisme.
Là comme ça, je n’ai pas trop de détails, mais à venir, un post plus détaillé sur le mouridisme, le principe des confréries et Cheick Amadou Bamba.

Rien ne se crée, rien ne se perd…

… tout se transforme !

Vous vous souvenez de Josette ?

Et bien d’usine à oeufs, elle est devenue mon dîner d’hier soir.

C’était bon.

Mercredi 27 mai 2009 Vis ma vie de VSI 4 commentaires

Au Sénégal, comment ça se passe ?

Donc sans surprise, l’excision au Sénégal, ça existe (ah bon  ?!). D’après une enquête de 2005, 28 % des femmes seraient excisées. Les deux régions les plus concernées sont celles de Kolda et Matam qui ont un taux de prévalence de 94 et 93 %.

Un chiffre qui peut permettre d’être optimiste : le taux d’excisées aurait tendance à diminuer avec l’âge. 31% des femmes de 45-49 ans le sont contre 25% chez les 15-19 ans.

Ici, l’excision est surtout une affaire d’ethnie. Les Wolofs, qui sont majoritaires (44% de la population), ne connaissent pas du tout cette pratique, à l’inverse des ethnies du nord du pays qui sont à fond dedans.

Au niveau étatique, le Sénégal a signé tout ce qu’il était possible pour lutter contre la chose. En1999, une loi a même été promulguée pour interdire et condamner les auteurs de ces mutilations à des peines de prison (entre six mois et cinq ans). Plusieurs personnes auraient été arrêtées, jugées, condamnées. La seule affaire que j’ai lu sur le sujet concerne trois personnes qui ont été condamnées mais graciées la même année. Niveau crédibilité, c’est pas top…

Cependant, il faut bien reconnaître qu’il y a eu beaucoup de progrès de réalisés, grâce notamment au travail d’ONG et d’associations locales. Les résultats sont probants surtout là où l’excision se faisait avec tout un rituel et une cérémonie. Par contre, dans des coins comme Matam (et le nord du pays d’une manière plus globale), c’est une tradition tellement ancrée que c’est vraiment compliqué de les faire changer d’avis (et ils le perçoivent comme une atteinte à leur culture et à leurs traditions, du coup ils rejettent toute idée de changer). L’autre explication avancée est que cela s’est toujours fait en toute discrétion, ce qui rend difficile d’agir sur un phénomène dont personne ne parle et dont on ne voit que la conséquence…

Voilà. On va s’arrêter là sur le sujet. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous invite à lire le document écrit par l’UNICEF.

Où ça existe ?

Si on élargit la définition à “toute action portant atteinte à l’intégrité des organes génitaux de l’être humain”, on peut dire que ça existe partout dans le monde.

Entre l’introcision évoquée précédemment qui concerne des tribus d’Australie et du Pérou, l’excision et l’infibulation présentes en Afrique principalement mais aussi en Europe et en Amérique avec les migrations, il n’y a peut-être que l’Asie qui ne connaît pas ce phénomène.

J’ai bien cherché une carte mondiale de la situation, mais tout le monde se borne à l’Afrique. Donc vous n’aurez qu’une carte de l’Afrique :

carte_excision

Pourquoi ça ne devrait pas exister ?

Quelques petites raisons de dire non à l’excision :

  • la nature est stricte là-dessus : le sexe de l’enfant se débat entre les spermatozoïdes et l’ovule. Le clitoris n’a rien à voir dans l’affaire ;
  • vu les conditions d’hygiène dans lesquelles l’excision est souvent réalisée, il en résulte de gros risques d’infections (urinaires, gynécologiques, vulvaires) qui peut se transformer en septicémie puis en stérilité ou mener carrément à la mort de la fille ;
  • les accouchements deviennent difficiles car la femme devient sujette à une déchirure du périnée ;
  • cela entraine la diminution, voir la perte totale de la sensibilité des organes génitaux… mais ne serait-pas une des raisons justifiant l’excision ?!
  • les répercussions psychologiques sur la jeune fille peuvent être assez dévastatrices ;
  • vu qu’ils s’y prennent souvent à la one again, sans anesthésie, ben merde, on ne devrait pas faire subir une telle douleur à qui que ce soit.

Si vous avez d’autres contributions…

Dimanche 24 mai 2009 Rien à voir 2 commentaires

Pourquoi ça existe ?

Bon, on ne va pas rentrer dans l’historique de l’excision, parce que je ne sais pas qui est le cornichon qui a inventé ça mais je n’ai pas envie de le découvrir.

À la place, on va plutôt s’attarder sur les arguments développés par ceux qui sont pour cette pratique. Et oui, ça existe et c’est important de savoir ce qui les motive. La liste n’est pas exhaustive et surtout n’a pas d’ordre d’importance :

  • la pression sociale : dans certains villages, une fille non excisée ne trouvera jamais à se marier.
  • la coutûme : “ma grand-mère, ma mère l’étaient, mes enfants le seront aussi”
  • ” l’honneur de la famille ” : l’excision permettrait de conserver la virginité des jeunes filles jusqu’au mariage, en prévenant le désir sexuel et, par conséquent une expérience sexuelle prénuptiale.
  • ” l’honneur du mari ” : l’excision réduirait le désir sexuel des femmes, qui ne seraient pas tentées d’avoir des relations adultérines.
  • les idées reçues : d’après une enquête réalisée au Sénégal en 2003, les gens pensent que cela rendrait les femmes plus fécondes et les naissances de petits garçons plus propice. D’après ce que j’ai pu entendre, ça facilite l’accouchement, la fille courra moins derrière les garçons, elle ne pourra pas avoir d’enfant hors mariage, elle arrivera vierge au mariage.
  • le rite initiatique et l’appartenance à un groupe : dans certains coins, il y a tout un cérémonial allant avec l’excision. C’est une sorte de rite de passage pour la jeune fille : c’est désormais une adulte en âge de se marier.
Vendredi 22 mai 2009 Rien à voir Pas de commentaire

En quoi ça consiste ?

Alors concrètement, de quoi est-ce qu’il s’agit ?

Basiquement, il y a trois degrés d’excision :

  • l’ablation du clitoris (clitoridectomie),
  • l’ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision),
  • l’ablation du clitoris, des grandes et des petites lèvres, avec suture du sexe de la femme (infibulation). Dans sa version plus glauque : “après avoir coupé le clitoris et les petites lèvres des fillettes, [cela consiste] à lacérer les grandes lèvres pour faire saigner leur bord interne, puis à réunir les surfaces soit par une couture, soit par la pose d’un système d’agrafes (épines d’acacia, par exemple). Lors du mariage, la désinfibulation s’effectue avec un objet tranchant (silex, couteau).”

L’infibulation existe également chez les hommes. Cela consiste “à baguer la base du gland ou à traverser le prépuce ramené sur le gland avec un anneau de métal. L’érection devient alors impossible.”

Merci à l’encyclopédie Larousse en ligne pour ces précisions.

Ci-dessous, le schéma des trois types d’excision féminine :

excision

L’excision se pratique sur les jeunes filles entre 2 et 12 ans le plus souvent.

Cette pratique a lieu un partout dans le monde et si l’on prend une définition large de la chose, sachez que selon Wikipédia, certaines tribus pratiquent l’introcision : “élargissement de l’orifice vaginal avec une lame en pierre”.

Enfin, il faut également savoir que cela n’a rien à voir avec la religion puisque des animistes, des catholiques, des coptes, des juifs, des musulmans, des protestants pratiquent l’excision.

Le mot de ce soir est… excision !

Mon petit cas de conscience de la semaine dernière me donne l’occasion d’aborder le sujet de l’excision de manière un peu plus poussée.

Tout le monde a entendu parler de cette pratique, mais au fond, qui sait réellement en quoi cela consiste, qui ça concerne (oui, on sait, les filles, mais lesquelles ?), etc. ?

Les prochains posts concerneront donc ce truc.

Chirurgicalement,

Démenti

Je dénonce : le petit carré météo de ce blog est un gros menteur !

Il indiquait 37° hier, genre il fait frais, c’est cool, c’est nice. Et bien non ! Il faisait 49° (à l’ombre) messieurs, dames.

Donc vous pouvez rajouter presque 10° à chaque fois.

Mercredi 13 mai 2009 Rien à voir 3 commentaires